INNOVATION : au cœur des forces spéciales

08/04/2019

 

 

Début avril, les spécialistes des technologies liées aux forces spéciales se sont retrouvés au Sofins, un séminaire qui se tient en Gironde. A cette occasion, le vice-amiral Isnard, patron du Commandement des Opérations Spéciales (COS) a donné un aperçu des innovations utilisées par ses hommes sur le terrain.

 

"Faire autrement".

La devise en dit long sur la mission du Commandement des opérations spéciales que l’on connait mieux sous son acronyme, COS. Elle exprime clairement que pour réussir leur mission, le COS doit innover en permanence. "L’innovation est dans l'ADN du COS depuis sa création en 1992", a-t-il indiqué.

"Les technologies nous donnent une agilité tactique pour surprendre l’ennemi. Nous travaillons directement avec des entreprises spécialisées dont des startups pour développer les outils dont nous avons besoin. Nous leur expliquons nos besoins pour mettre au point des outils qui seront validés avec les responsables des trois armes", indique le responsable du COS. Ces innovations sont diverses. Il y a des armes, du matériel de communication, d’observation, de camouflage ou de déplacement. Mais le COS utilise aussi des logiciels pour espionner, crypter des données, géolocaliser l’ennemi et analyser des bases de données.

 

Le budget dont dispose le COS reste secret, seuls 60 projets sont financés chaque année. Ex : lunette pour fusil longue distance mise au point avec Safran. "Elle permet aux tireurs d’élite d’atteindre une cible en mouvement de très loin".
Le COS n’hésite pas à s’inspirer de l’ennemi qui selon le commandant Isnard "a de bonnes idées". Il cite, entre autre, la cape de Daech qui permet de ne pas être repéré la nuit même avec des lunettes thermiques. "Nos lunettes repèrent la chaleur dégagée par le corps, mais avec cette couverture de survie, elle se diffuse et ne permet plus de détecter les combattants".

Tous les moyens sont bons pour "faire autrement" afin de remplir les missions. Tous, ou presque. "A la différence des terroristes, nous sommes soumis au droit de la guerre", rappelle le patron des forces spéciales.

 

 

Florence Parly, ministre de la défense l'a rappelé à plusieurs reprises : le domaine de la défense est en plein changement, il s'adapte à son époque et à son environnement. Une série de réformes a été lancée, notamment en matière de recherche et d'innovation. Le fonds Definvest et l'Agence de l'innovation de la défense ont été créés. Le ministère et les entreprises intensifient leurs liens avec les universités, le CNRS, les PME et les start-up. Les entreprises développent des politiques d'open innovation et s'ouvrent davantage au domaine civil.

 

Néanmoins, le domaine de la défense ne semble plus être un acteur dominant pour le financement des recherches. La coopération avec le civil est devenue de plus en plus importante.

Des années 1950 à la fin des années 1980, l'Etat, et plus particulièrement le domaine de la défense, maîtrisait en grande partie le système national d'innovation. Une part importante des financements publics en faveur de la recherche était distribuée par la défense (38 % en 1981, source OCDE) et très peu d'autres sources de financement (publiques ou privées) de la recherche et de l'innovation existaient. La recherche était réalisée pour un quart (24 % en 1981) dans des structures étatiques. La plupart des entreprises de défense étaient également publiques. Cette structure facilitait le pilotage du secteur par l'Etat. Le domaine de la défense était dans une position dominante, l'information sur les technologies remontait. Les processus d'innovation étaient également plus simples, impliquant moins de technologies et d'acteurs et leurs rythmes étaient plus lents.

 

Depuis la fin des années 1980, on assiste à des changements importants du système national d'innovation. L'innovation et les financements civils ont fortement augmenté. Le domaine de la défense n'est plus un acteur dominant pour le financement des recherches, il ne représente ainsi plus que 6 % des financements publics pour la recherche en 2016. Dans le même temps, les entreprises et les universités ont accru leur place dans la recherche française et la part de la recherche réalisée par l'Etat s'est réduite (13 % en 2016). 

 

La recherche civile s'est fortement développée, passant de 1,5 % du PIB en 1981 à 2,2 % en 2014. L'intensification de l'effort de recherche a complexifié les processus d'innovation en mobilisant plus de savoirs et d'acteurs. Elle a également accéléré les processus d'innovation.

 

Ces modifications dans le système français d'innovation ont rendu nécessaire un repositionnement du domaine de la défense et une plus grande coopération avec le civil. Les entreprises de défense sont toujours aussi impliquées dans la recherche et l'innovation. Elles réalisent presque un quart de la recherche effectuée par les entreprises, mais le domaine de la défense a dû progressivement s'ouvrir en direction des autres acteurs (entreprises, universités). 

 

Le domaine de la défense doit continuer et même amplifier sa coopération avec le secteur civil afin de pouvoir capter les innovations à évolution rapide et cycle court comme, par exemple, le numérique, tout en conciliant les études de recherche et technologie nécessaires à la préparation des programmes d'armement avec cette innovation ouverte.

 

 

Source :

BFM TV

Les échos (Christian de Boissieu Jean Belin) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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